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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 19:09
   
 
      Car
on t’attend quelque part
dans l’enfoui

comme autrefois

tu te souviens
de cette vie profonde sous la pile des linges

que tout était par devant
bien plié le journal sur la table
puis la table dans le jardin

avec du ciel

mais dans un fouillis débonnaire
d’odeurs et de regards
et de sœurs probes qui caressent

aujourd’hui tous ces vivants
jamais rejoints

sont-ils toujours de ta famille
pris ici dans les mots
n’ayant que ce lieu

pour rester

Rester
serait-ce donc assez pour eux

de feux
de nœuds
puis d’attirances

d’exacte séduction

ces cœurs d’autrefois qui débordaient d’attentes

le cœur est une roue tournant trop vite sur la route
la vie après qu’il est passé

la vie

n’a plus assez

de vie

De reste
il y a toujours eu
et pour chacun

ce manque
et notre petitesse

et toi
mettant partout les mains
puis appuyant des pouces

entrant le monde en toi
pour le laisser grandir

Georges Guillain
Poèmes extraits de Avec la terre au bout, Atelier La Feugraie, 2011
       
       
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