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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 12:32

Au grenier
Ouvrir la malle
Et mettre les voiles
Embarquer
Sur ce vieux rafiot
Suivre les goélands
Au-delà de l’océan
Chercher le soleil
Au fond de la mer
S’enivrer de lune
Malle au trésor
Gardienne de nos rêves

Peu importe le temps
Pour la mémoire du cœur

Josette - octobre2012

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 09:04
 

                                                                                                                                    La poésie est une maladie.
Une maladie non orpheline puisqu’elle est fille du langage et de l’émotion.

 
Comme la frénésie, elle se traduit par une exaltation

qui met parfois hors de soi,

 
comme l’hérésie elle heurte la raison,


comme l’énurésie elle peut-être inconsciente,

et laisser des traces sur le papier,


comme la pleurésie, elle enflamme le thorax,
comme le kinési, elle est mouvement, chaleur, froid,

elle sollicite les muscles, les tendons,

et comme le revenez-y, elle ne vous lâche pas comme ça !
L’individu atteint de poésie, appelé poète pour qu’on ne l’écrase pas

à un carrefour, a des troubles de la vision et de la perception,

il lui arrive de voir à la place d’une table un bout de mer,

un miroir, la tristesse ou même une enclume. Pour le poète,

les voyelles ont des couleurs, et le ciel pèse comme un couvercle.

Selon qu’il s’appelle Guillaume Apollinaire ou Allain Leprest

(avec deux ailes) le poète voit passer sous le Pont Mirabeau nos amours

ou des hydrocarbures.

Le poète a fait des études jusqu’à la licence, dite poétique,

mais il n’a pas de travail pour autant. Pour subsister

il fait la manche, ou l’océan, ou le ruisseau. Il se nourrit

à la source et malgré ses dents de lait et ses griffes en coton,

mord à même le monde.

Les poètes les plus atteints sont enfermés dans des sortes

de prisons dorées qu’on nomme anthologies, mais qui ne sont

pas toutes l’œuvre de Georges Pompidou. La promiscuité y est douteuse

et le sale type qui monte la garde s’appelle Michard.

La poésie est une maladie incurable.

Mais c’est une des rares maladies qui se prolonge après la mort.

C’est d’ailleurs souvent après la mort qu’elle devient contagieuse.

Et c’est grâce à cette hypothétique promesse de contagion,

que beaucoup de gens tristement sains fréquentent les poètes morts,

dans l’espoir secret d’attraper leur maladie…

Présentation de Vincent Roca

Né en 1950, Vincent Roca débute sa carrière de comédien à Lyon

dès 1966 au Théâtre des Jeunes Années, puis au Conservatoire d’Art

dramatique. Jusqu’en 1989, il est professeur de mathématiques en France

et en Afrique francophone.
Il se lance ensuite dans le spectacle vivant.

Récemment, il écrit et interprète notamment « Délirium très mots »

et « Une heure de gaité prés de chez vous » en 2007,

« Sur le fil dérisoire » en 2004.

Il est l’auteur de plus de 600 chroniques pour l’émission « Le Fou du Roi »

sur France Inter.

Quelques parutions :
« Papiers buvards » et « Vincent Roca sucre les phrases »,chez Albin Michel


« Eloges de quelques inutiles (et autres célébrités) »,

éditions Le Pré aux clercs

édition
printemps des poetes
2008


 

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 10:20

Le temps citronnade

 

Dictionnaire vacances

De mots saute-mouton,

Sucrerie cache-cache,

Fleurissent ma mémoire.

 

Crêpe Chandeleur,

Lapin de Pâques,

Cones de Noël,

Couronne des Rois...

 

Miracles ombres chinoises,

Dentelles de nos jeudis,

Vos pouvoirs vanille-fraise

Réveillent l'enfant-dune.

 

Caresse-soleil,

Éclaboussures,

Goûter chocolat,

Parfum océan.

 

Églantines joues roses,

Rondes éclats de rires

Pétalent, farandolent

Sur le Temps citronnade.

 

 Martine Madelaine-Richard

 Tarentelle

 Éditions Alcala, 2012

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 20:46
 
     


Souvent le nom d'une île inconnue
est le nom-même de l'inconnu(e)

et les éclats de nos errances
deviennent des îles sous le vent,

comme de la route encore à vivre
à terre sur mer ou par les ciels,

et rien de plus.




André Velter


(Makassar, à bord de La Boudeuse, 24 janvier 2006)
       
 
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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 23:58

 

 

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, - heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud
Mars 1870

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 23:45
   
        est-ce pomme
est-ce poire
le fruit défendu
(le fruit d’Ève fendue)
qu’Adam consomma
toutes lèvres confondues
au verger des plantes
Dieu a répondu :
c’est le fruit du pêcher
c’est la pêche charnue
qu’en mon jardin j’ente
---les pommiers sont déçus
les poires déshespérues


Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 23:23

 

      Se voir le plus possible et s’aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment

Alfred de Musset (1810 – 1857)
Poésies nouvelles, 1835 – 1852
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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 21:21

Amoco Cadiz, amanite, Sahel
Chrysanthème, canine, morsure, varicelle
Mygale, tarentule, épine, porte-avions
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Fourmilière, aiguille, acide et calice
Le Chemin des Dames, cercueil, cicatrice
Cyclone, ouragan, camisole, typhon
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Guillotine, cirrhose, nuit blanche, les Baumettes
Mirador, Stasi, syphon, baïonnette
Fleury-Mérogis, la rue Lauriston
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Amygdale, pavot, vérole, aspirine
Ecchymose, ortie, sanglot, carabine
Carmélite, javel, cobra, Charenton
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Camora, péplum, cyanure, mafioso
Tien-An-Men, amen, rasoir et ciseau
Ostie, Vatican, Jean-Marie, mormon
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Picador, arène, dollar et cédille
Ouragan, menotte, acide, Tchernobyl
Atome et neutron, neurone et citron
Et toi, c'est quoi ton p'tit nom ?


 Paroles: Allain Leprest. Musique: Romain Didier   1993   

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 13:18

Extrait :

Le ver qui lit

le ver luisant luit pour lire au littéraire
le halo de la une point ne lui
suffit
depuis là-haut elle le regarde lire
dans son esprit naît un doux délire

elle voit en ce ver son enfant qui
là lit
lové comme un croissant dans
son lit
elle constate ses efforts elle en est
fière
pour faire si petit autant de lumière

alors en bonne mère elle se fait
pleine
éclaire un peu plus pour soulager
sa peine
le sommeil s'empare du ver qui
s'éteint
et la lune décroît comme peau de
chagrin

Petits poèmes sur le trente et un
Petits poèmes sur leur trente et un… et plus de Mario Urbanet - Éditions Henry - 60 pages

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 22:27

IL MEURT LENTEMENT CELUI QUI....

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.


Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.


Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.


Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés


Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d'être heureux!

Pablo Neruda "Prix Nobel de Littérature 1971"

 
 

 

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