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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 16:54

 

  La nuit
On ne peut pas
Voir la nuit
Parce qu'il fait nuit

Paul Vincensini


Oeuvre poétique, L'arbre à Paroles, 2003
cité dans En rires, poèmes d'humour pour en voir de toutes les couleurs, Seghers 2009
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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 11:47

 

         
        Toi, l’enfant de mes enfants,
Toi qui, pendant ces premiers jours,
ne connaît des seins que la voie lactée,
un soir je t’apprendrai
à marcher dans les étoiles filantes
sans écraser les vœux qui les accompagnent.


Un jour je t’apprendrai
à saisir dans le vent
les verbes qui soignent leurs sujets
comme des rois bien aimés
et bercent leurs compléments directs
comme des enfants choyés.


Un matin, je t’apprendrai même
à forger le sens profond de l’insensé
avec la réponse des astres cueillie sur la rosée,…
avec les reflets tombés de tes exclamations
sur le bord d’un poème à composer.


Maurice Couquiaud
A paraître dans le recueil A la recherche des pas perdus, L'Harmattan, été 2012

         
         
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 11:54

 

       
      A l’aube quand vibrait encore
la gloire du monde, nous descendions
l’échelle des rêves pour chercher
dans l’herbe du jardin

l’œuf bleu des promesses, et dans le ciel
un reste du vertige qui nous tirait
des cris, mais tout retombait vite
et l’horizon reprenait

son vrai visage : enclos, barrière, octroi.
Nous rentrions couver notre butin
les yeux dans l’ombre comme si
une aile ou un ange

allait soudain venir briser la coque.

Guy Goffette
      2012
       
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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 10:05

A Alger

Près de la Bibliothèque Nationale

Au coeur de la ville

Il y a un jardin

Avec en son centre

Une petite piscine

Et tout autour

Des fleurs

Des arbres

Des bancs

Où viennent

Des vieux

Des vieilles

Des enfants

Et surtout des couples

Il y a même un gardien de la paix

Qui interdit

Aux amoureux de s'embrasser

Il y a même un banc qui pleure

En silence

En compagnie d'une jeune fille

Aux cheveux blancs

D'une jeune fille

Au regard absent

Qui

Chaque jour

A la même heure

Sur le même banc

Attend

Attend

Attend

Depuis bien longtemps

 

Abderrahmane Lounes

Poèmes à coups de poing et à coups de pied, Laphomic, Alger,1985.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 20:44

Il
y a-t-il une poétesse
dans le livre, le je du livre

cherchez
les thèmes à grand F
traquez l’accord de l’adjectif

poétesse
fi ! le mot est trop laid

écrivaine
la chute est bien rude

femme poète
mais alors elles sont deux

femme de plume
sans S s’il vous plaît
pour éviter le truc et le boa

femme de lettres
mazette ! femme de l’être

femme d’œuvre
pas mal le e dans l’o
comme l’œuf

poète
tout simplement
mais alors à quoi bon la question

 

 

 

Patricia Castex Menier

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:37

RONDEAU SUR LE PRINTEMPS

 

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

 

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
"Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie".

Rivières, fontaines et ruisseaux
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.

 

René Charles d'Orléans

 

Charles d'Orléans, né à Paris le 24 novembre 1394 et mort à Amboise le 5 janvier 1465, duc d'Orléans, est un prince français, connu surtout pour son œuvre poétique réalisée lors de sa longue captivité anglaise.

Il est le fils de Louis Ier, duc d'Orléans, frère du roi de France Charles VI, et de Valentine Visconti fille du duc de Milan. Il est né à l'hôtel de Saint-Paul, à Paris.

 

Charles d'Orléans est l'auteur d'une œuvre considérable :

-131 chansons,

-102 ballades,

-7 complaintes

-400 rondeaux.

 

Il est aussi l'auteur de pièces poétiques en langue anglaise.

-Le Livre contre tout péché

-La Retenue d'Amours

-Le Songe en complainte

-La Départie d'Amour

-Hiver vous n'êtes qu'un vilain

-En la forêt de longue attente

orleans.jpg

photo: T-rez 2012

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:56

 

      La nuit m’est courte, et le jour trop me dure,
Je fuis l’amour, et le suis à la trace,
Cruel me suis, et requiers votre grâce,
Je prends plaisir au tourment que j’endure.

Je vois mon bien et mon mal je procure,
Désir m’enflamme, et crainte me rend grâce,
Je veux courir, et jamais ne déplace,
L’obscur m’est clair, et la lumière obscure.

Vôtre je suis, et ne puis être mien,
Mon corps est libre, et d’un étroit lien
Je sens mon cœur en prison retenu.

Obtenir veux, et ne puis requérir,
Ainsi me blesse, et ne veut guérir
Ce vieil enfant, aveugle archer, et nu.


(l’Olive)


Joachim du Bellay (1522-1560)
« Les plus beaux poèmes d’amour », A. Giovanni, Le Cherche Midi.
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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 19:09
   
 
      Car
on t’attend quelque part
dans l’enfoui

comme autrefois

tu te souviens
de cette vie profonde sous la pile des linges

que tout était par devant
bien plié le journal sur la table
puis la table dans le jardin

avec du ciel

mais dans un fouillis débonnaire
d’odeurs et de regards
et de sœurs probes qui caressent

aujourd’hui tous ces vivants
jamais rejoints

sont-ils toujours de ta famille
pris ici dans les mots
n’ayant que ce lieu

pour rester

Rester
serait-ce donc assez pour eux

de feux
de nœuds
puis d’attirances

d’exacte séduction

ces cœurs d’autrefois qui débordaient d’attentes

le cœur est une roue tournant trop vite sur la route
la vie après qu’il est passé

la vie

n’a plus assez

de vie

De reste
il y a toujours eu
et pour chacun

ce manque
et notre petitesse

et toi
mettant partout les mains
puis appuyant des pouces

entrant le monde en toi
pour le laisser grandir

Georges Guillain
Poèmes extraits de Avec la terre au bout, Atelier La Feugraie, 2011
       
       
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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 14:58

 7 mars 2012 texte de Josette et montage de Micheldaisy.jpg

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 20:41

 

         
       

Les enfants ne font jamais exprès d’être poète
Les poètes souvent cherchent à imiter les enfants.
Il n’y a rien à imiter.
Dans un écrin d’or et d’encens,
naissant les mots inclinés,
La naissance des moires de l’oubli.


Une petite fille joue à la corde
avec ses rêves.
Chaque nuit elle escalade le visage du vent
Elle cultive des pensées
pour les papillons.
Immobile, elle danse dans le jardin
quand elle dort
Elle garde toujours un œil ouvert
Qui l’empêche de vieillir.

Mercredi des cendres 2011

 

Dominique Cagnard

édition
printemps des poetes
      2011
genre
      Poèmes sur "Enfances"
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